Le château

      Avant d'être le vaste ensemble architectural de style classique que nous connaissons aujourd'hui, le château de Pierre a d'abord été une maison-forte seigneuriale. Non pas un château fort imprenable, car entièrement fermé sur lui-même, mais une résidence probablement implantée au XII ème siècle, un lieu d'habitation seigneuriale pouvant assurer d'éventuelles fonctions de défense. Cette double fonction de défense et de résidence se manifeste encore à la fin du XV ème. Jusqu'à la fin du XVII ème siècle, le château conserve un plan "carré" offrant ainsi une disposition militaire qui lui permet d'asseoir sa défense. Malgré ceci, il subira plusieurs attaques lors de la Guerre de 30 ans, notamment en 1636, 1637 et 1642 qui vont entraîner la réfection de la Tour du Portail ainsi que le pont-levis.

      Au XVII ème siècle, le château arbore un nouveau visage. Le propriétaire, Le Comte de Bissy, qui fait office de maître d'oeuvre entreprend de nombreux travaux avec des matériaux venant du secteur (briques de vieilles murailles et bois des forêts de chênes) ainsi qu'une main d'oeuvre locale. La fonction de défense est délaissée au profit d'une fonction de représentation et d'ostentation. Au décès de l'initiateur des travaux, ceux-ci demeurent largement inachevés, aux enfants et successeurs de terminer l'oeuvre entreprise. En 1744, Anne Claude de Thiard de Bissy, héritier, achève cette rénovation.

      D'une manière tardive, dans la seconde moitié du XVIII ème siècle, le château de Pierre achève ainsi de devenir la vaste résidence nobiliaire qui atteste, avec sobriété au regard de ses modèles, de la puissance seigneuriale du propriétaire, de son prestige social, et dans le goût classique du Grand Siècle, de sa culture de cour comme de son aisance.

Des aménagements intérieurs confirment la recherche de confort, les appartement sont ainsi redécoupés. De plus petite taille, ils sont plus aisés à vivre. Le rajeunissement se fait aussi sentir à l'extérieur. Le tracé des jardins avec leurs jets d'eau et leurs parterres à la française ont contribué à l'harmonisation et l'ostentation du bâtiment à la mode versaillaise. 

      Contrairement à ce que l'on aurait pu attendre, la Révolution n'a pas eu d'incidences particulièrement destructrices sur Pierre.  A la fin du XIX ème siècle, alors que les transformations économiques et sociales s'accélèrent, le château, du fait de son architecture, est devenu une demeure bourgeoise inconfortable qui impose à ses propriétaires des charges financières de plus en plus lourdes.

      En 1956, le Conseil Général de Saône et Loire acquiert cette propriété. Une maison de retraite départementale voit le jour dans les Communs du château en 1959, elle porte le nom de "Charles Borgeot". D'importants chantiers de restauration se succèdent jusqu'en 1971. De l'extérieur l'illusion est totale, mais pour l'intérieur c'est la désillusion. En 1980, Pierre Joxe, alors député de la Bresse et Président du Conseil Régional lance une concertation. C'est ainsi qu'en 1981, l'Ecomusée de la Bresse Bourguignonne voit le jour dans une aile du château. Quelques années de travaux vont menées à la réhabilitation et à l'ouverture de la moitié du château en 1987. D'autre série de travaux vont suivre pour aboutir au résultat que l'on connaît.